Il aura fallu d'un simple entretien pour me redonner envie d'écrire ici. Fallait juste un truc qui marche à peu près, une simple preuve que je foire pas tout ce que j'entreprends, donc me revoilà !
Les deux dernières semaines ont été très charette, honnêtement. Il a fallu que je rédige et présente un bouquin "dénonce" sur la presse corrompue : Les nouveaux chiens de garde de Serge Halimi. Une presse agenouillée devant les hommes politiques (le savais-tu ? le parrain du fils Sarkozy s'apelle Elkabach !) les grands groupes industriels (le savais-tu ? Lagardère possède 70% des titres de journaux français !), le journalisme de marché (le savais tu ? la "caste journalistique" nous sussure tous les jours à l'oreille les bien faits du liberalisme)... C'était cynique, c'était ironique, c'était instructif mais plein de critiques faciles, avec un petit arrière gout de Gala. Juste pour le lol, l'auteur est journaliste au Monde Diplomatique....
A coté de ça, il y'a eu le dossier sur l'intelligence économique, ou encore espionnage industriel ethique. C'était passionnant ! non je déconne. Mais la constitution de ce dossier m'a permis de visiter une contrée lointaine et fertile : La Picardie. Enfin j'ai vu le Mac Do et la maison de ma copine de boulot...
Il a bien évidemment fallu présenté tout ça à l'oral. Plus ça va moins ça va ! Etant donné qu'on attend de nous des prouesses en matière de communication, on se retrouve raide comme un manche avec entre ces mains une feuille qui tremble et dans la bouche une éponge. I like that ! Il a fallu dire adieu à Derek, le prof-avocat-sexy-et-arrogant (et donc doublement plus sex) et se plonger la tête la première dans la réalisation d'un brief plus casse-couille que le prof qui nous l'a distribué.
Le brief c'est quoi ? c'est une sorte de cahier de doléance de l'annonceur. Il nous explique ce qu'il veut et nous, braves pigeons, on réalise. Là, je dois m'occuper de la communication du salon Maison&Objet. Toi pas connaitre ? normal ! toi pas coeur de cible ! Cible prioritaire : les commerçants déco, les architectes, les designers. La salon est positionné luxe et pro... Pour un premier brief, c'est plutôt hard. J'aurais tant aimé renouveller la strat' de com d'un bon vieux yaourt ou d'une bonne vieille lessive, tellement grand public et tellement triviaux !
Demain je présente à l'oral avec la team "Batifolons" (oui on a un nom ridicule mais peu importe). J'ai atteri à la partie budget, media et planning. Je vous assure que transformer 1.8 millions d'€ en outils de communication pertinents et adaptés à la cible... c'est pas spécialement easy-easy ! On a encore une putain de marge de près d'un million dont on sait pas quoi faire. On a pensé relié nos dossier de presse avec des fils d'or, on voulait engager des hotesses contorsionnistes, ou faire dessiner les badges d'entrée par Christian Lacroix... quand on doit cibler sérré, une CSP particulière, des professions particulières, on peut pas se lacher en affichage géant sur des emplacement über couteux... ce serait de l'argent foutu en l'air et - 5 sur le doss'...
J'aurais adoré m'occuper de la partie créa mais passer du coté relou du boulot faisait partie de mes taches à accomplir. Et puis je suis une des plus nazes en matière de Photoshop. J'avais l'idée mais j'ai pas eu le temps de la réaliser pour la défendre devant l'équipe. J'avais trop à faire entre les titres de magazines underground et leurs tarifs pour 1/4 de page ou encore les négociations pour parrainer une émission de bobo sur Paris Première...
Demain on présente et ensuite on ira se défouler sur le dancefloor all together !
Description et interprétation d'images en cour de sémiologie. J'ai choisi la pochette d'Absolution. Ça m'a fait l'effet d'un tic tac, c'était frais, léger et doux au mileu de cet océan de pesanteur. Les sacrifiés, les anges venant apporter le pardon à l'homme guerrier vêtue de sa combinaison de pilote, un masque à gaz à la main. Le devoir a été réalisé sur fond d'Apocalypse Please, bien évidemment.
J'ai également passé un entretien aujourd'hui. Au bout de 83 entreprises démarchées, au moins autant de zef et le quart de refus, j'ai enfin attiré l'attention d'une vrai pro de la communication. C'est putain de bon pour l'égo, vous pouvez pas savoir !
J'ai donc amené mon stress et mon mal de ventre jusque devant l'énoooorme bâtiment du Groupe Flammarion, qui recrute des assistantes attachées de presse. Après la danse de la victoire que j'ai effectué avec frénésie lorsque j'ai reçu le mail de demande d'entretien, je me suis resaisi et ai appelé la madame. Voix rauque de fumeuse, aimable : je m'attendais à une espèce de pythie amoureuse de la littérature, qui passait ces journées dans un bureau enfumé, envellopée dans un châle, à téléphoner à des journalistes qu'elle appelerait affectueusement "coco"...
J'avais tout faux !
C'est une petite dame rousse et souriante qui m'a sérré la main avec poigne avant de m'emmener dans un dédale d'open spaces lumineux, décorés de manière chou et bobo par leurs habitantes (majoritairement féminine cette boîte). La dame n'a pas caché que mes missions relèveraient la plupart du temps du secrétariat, elle a bien compris que ce qui m'intérressait, c'était l'aspect rédactionnel du poste. En même temps en trois mois, pas le temps de se faire une place au soleil et de se voir confier la redaction de communiqués de presse sur des essais de sciences humaines ou le livre du Pape (véridique). La dame a mis un point d'honneur à différencier pub et relations presse (en me faisant comprendre qu'elle distillait son âme et son coeur dans ces résumés de bouquins au lieu de vanter platement les bienfaits d'une crème dépilatoire). En tout les cas l'ambiance m'a plu et si elle est prête a m'accepter, j'irais avec joie (rémunéré !!!... hum, silence femme vénale). j'attends encore quelques jours, histoire de voir si mes derniers pistons ont fait chatoyer toutes leurs plumes et je rappelle.
En sortant, pour fêter ça, je me suis acheté un muffin au Starbucks. Il ressemblait à un champignon atomique et devait être au moins aussi nocif pour l'organisme. Mais Dieu ce qu'il était bon ! C'est lui qui m'a donné envie d'écrire un article. =)
A coté de ça, je vais mE faire une joie d'organiser la célébration de mes 18 ans ! J'hésite à faire se confronter les pubeux et mon crew de copains de toujours, la choc des cultures sera peut-être rude pour certains. Mais en même temps, si je loue une salle ou un pub (ce qu'il va falloir négocier âprement) on devra faire honneur et être nombreux. Je sais pas encore si je me la joue grande et conne de jeune parisienne ou si je me demerde pour organiser un truc à la roots, genre pique nique crépusculaire et grosse beuverie dans le pure style American High School... mais où vont crécher tous mes compagnons de soulerie ensuite ?
Sur ces considérations existensielles, je m'en vais parfaire ma gestuelle de tétraplégique devant la glace de répéter mon speech sur l'importance de la bannière internet !
(J'ai eu le malheure de parler de yaoi une ou deux fois y'a six mois et hop ! une bannière gay en haut de mon blog... Con de mediaplanneur !)
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